La chasse en Alsace - avril 2003
Claude Lory, chasseur…de matériaux.

C'est hors des sentiers battus de la coutellerie traditionnelle que claude Lory exerce son art. Visite dans l'atelier de ce démiurge de la lame.

Comment sculpter sur neige dans le Grand Nord Candien, en plein hiver glacé, quand on ne possède pas les bons outils ? Cette question, Claude Lory ne se la pose plus, même si elle lui a déjà donné des sueurs…froides. Désormais, ce jeune sculpteur-coutelier de 31 ans fabrique ses pièces. Il prend tout son temps, depuis la forme rêvée,

imaginée puis couchée sur papier avant d'être esquissée en cire. Là, dans un atelier éloigné des grands axes pressés, au centre du petit bourg d'Oberschaeffolsheim, à l'ouest de Strasbourg, il donne libre cours à son plaisir. Plaisir de la forme et des matériaux employés, qu'il va quérir partout ou l'emmène son envie de découverte : épines de cactus, bois de coco de Bali, loupe d'orme, wengé du Sénégal, alque, mais aussi cristal, céramique…tout ce qui peut embellir la pièce, de la garde au bout du manche. Pour la lame, il travaille l'acier de Bonpertuis à froid. La barre d'acier est coupée et façonnée pour correspondre à la forme prédessinée, dégrossie à la ponceuse à bande (back-stand) puis limée, essentiellement à la main. Car Claude Lory aime sentir l'harmonie de la courbe sous sa main. La lame est ensuite préaffutée, bénéficie d'un polissage puis est emballée dans une feuille d'acier ou trempée sous vide (aucun gaz, oxygène et carbone, ne pollue la cuisson) : la température du four est montée à 1060°c, voire 1100 suivant les aciers, pendant une heure. L'acier est ensuite trempé dans un bain d'huile ou refroidi à l'azote pur. Là, il est soumis à une amplitude thermique énorme, passant en quelques secondes de plus de 1000°c à -10 °c. L'opération se poursuit par le " revenu ", ou l'acier est ramené, en four, à une température entre 200 et 400 °c, puis il est laissé à refroidir par inertie. Viennent les dernières opérations, polissage et affutage définitifs, montage du mécanisme et du manche. Et la joie d'admirer le produit fini, né d'un morceau de bois et d'acier sans vie. Parfois, claude ne termine pas un couteau…sans doute parce qu'il juge qu'il n'est pas prét pour l'achever, ou parce que le couteau doit friser la perfection. Il le laisse alors une semaine, un mois, un an, peu importe. Dans cet atelier ne règne ni le temps ni la réflexion. Le travail est omniprésent, mais prend ici tout son sens : celui du plaisir.

Textes : Patrick Seurot. Photos : Michel Joly.

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La Passion Des Couteaux, n°73 - novembre 2002
Découverte : Claude Lory, Electron libre.

Nous avons découvert ce jeune artiste alsacien à l'occasion du salon de Thiers 2002. Depuis, nous avons fait plus ample connaissance avec Claude Lory, coutelier-sculpteur-ébéniste-poète.

Je l'avoue, ce fut pour moi une des révélations coutelières de ces dernières années. J'avais dans l'idée, depuis longtemps, de demander à des artistes, de travailler sur le couteau-objet, j'en avais parlé à quelques amis peintres et sculpteurs de l'Ecole de Nice, mais rien de probant n'avait abouti. Sans doute pas assez médiatique, le couteau ?

Et pourtant, lorsqu'un artiste, daigne se pencher sur notre objet de passion, cela peut donner...Les créations de Claude Lory, par exemple. Il ne forge pas, il n'est pas issu du cénacle coutelier, il est discret, il ne se prend pas au sérieux, il n'a pas un égo surdimensionné, il ne parle pas chaque matin avec Thorr ni avec Vulcain, il n'a rien inventé, ni ré-inventé...Tout cela rend, au demeurant l'homme fort atypique dans le Landernau coutelier, mais cela ne suffit pas à faire de lui un coutelier de talent, me direz vous, non, certes pas. Le talent, est en plus ! Bref, je me résume : Claude Lory est un artiste, qui n'a pas la grosse tete, et qui fait aussi des couteaux ( mais pas que des couteaux). Mais attention, ses couteaux sont de vrais couteaux qui coupent, et tout et tout ! Pas forcément fonctionnels, quoique certains puissent etre parfaitement utilisables, bien que ce ne soit pas nécesairement leur vocation première. Entre nous, bien des couteaux faits pour servir, ne quittent pas les vitrines de leurs propriétaire-collectionneurs, alors, pas de procès d'intention. Claude Lory annonce la couleur, il s'amuse, joue avec les formes. Cela ne choque personne que tel grand couturier, tel critique gastronomique, tel sportif en vue, tel " designer ", pas plus coutelier que mon arrière grand-tante, prète, ou plutot, vende son nom à un couteau dessiné par un autre... C'est du " business ", ah oui ! J'oubliais ! Donc, qu'un artiste, un vrai, vienne donner sa vision du couteau, cela ne devrait à priori déranger personne, les amateurs de couteau, nous ont montré, par le passé, leur grande largeur d'esprit, n'est-ce-pas ? D'ailleurs Claude Lory n'a rien d'un fauteur de trouble, il ne veut rien imposer, rien déranger, il passe, c'est tout, il restera peut-etre, ou bien il ira jouer plus loin, avec d'autres objets. Et je crois qu'il serait bien dommage de le laisser passer sans le retenir, au moins un moment, mais il est libre-esprit, et il n'est pas du genre que l'on retient de force. Aujourd'hui, le couteau l'inspire, alors, profitons-en.

Couteau principe actif modifiant la matière passive. Je ne sais pas si la formule est de lui, mais qu'importe, elle trone en présentation de son travail, sur son site internet que je vous invite à visiter, il est doté de vertus thérapeutique, c'est un des plus originaux que j'ai visité depuis longtemps ! à petites et fortes doses, à utiliser sans modération !

Je m'imagine Claude en ludion, en gentil agité du bocal, un involontaire trublion de la coutellerie, pour le grand plaisir des amateurs d'originalité, qui s'endormaient dans leur coin. Une lame et un manche, entre les mains de ce sculpteur malicieux, peuvent donner lieu à une fantaisie poètique extrème, mais également à une forme de néo-classicisme, ses couteaux restant, pour la plupart...Des couteaux. Et il nous tarde, de le voir travailler sur des standards, donner sa version du Laguiole, de l'Opinel, du Capucin, du Thiers...

Il maitrise parfaitement le travail du bois, dont il recherche les plus originaux, et se familiarise rapidement à celui du métal. Pour certaines de ses créations, il n'hésite pas à utiliser les matériaux les plus farfelus, comme la carapace de langoustine ou les épines de rosier. Bien-sur, cela ne plaira pas à tout le monde, mais tout le monde n'apprécie pas DEBUSSY en musique, ERNST en peinture, ou CELINE en littérature. Et cessons de penser qu'il est nécessaire de comprendre pour aimer, laissons nous porter loin du cartésianisme qui est censé caractériser notre hexagone !

Claude Lory est né en 72, il est titulaire d'un baccalauréat, d'un c.a.p d'ébénisterie, d'un certificat d'études d'arts plastiques, et il est diplomé de l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg. Il bouge, multiplie les exhibitions (j'aime bien ce mot, qu'il faut prendre au sens anglo-saxon du terme : exposition), anime des ateliers didactiques pour les enfants de sa région, crée, et crée encore, sur tous types de supports dont la glace (il participe à 5 reprises, au symposium International de Sculpture sur neige de Winnipeg, au Canada), et il s'épose...Beaucoup.

Son ami Jean-Pierre GANSTER le pousse à participer à plus de salon de couteaux, persuadé, que Claude Lory a des choses à dire et à montrer, c'est également notre avis. Cette année, il aura été présent aux trois principaux : Thiers, Nontron et Paris. Pas mal, pour un coup d'essai.

AXEL FICANAS

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La Gazette Hotelière - septembre 2002
Claude Lory sculpte tous les matériaux : le bois, le métal, le papier le verre, la céramique, la neige...

Ce diplomé des arts décoratifs de Strasbourg (et ébéniste de métier) vient de lancer une gamme de couteaux sculptés coté lame et coté manche dans des formes parfois inédites, mais en préservant toujours la fonctionnalité de l'outil.

Tous mes couteaux sont faits en acier inoxidable de Bompertuis, trempé et recuit sous vide, précise-t-il. Il sont fonctionnels, ne rouillent pas, la coupe tient et ils sont adaptés à une utilisation quotidienne.

L'artisan Strasbourgeois les a déjà présentés, avec succès, au salon professionnel à Thiers en avril 2002, à celui de Nontron les 3 et 4 aout derniers et participera au SICAC de Paris les 28 et 29 septembre prochains.

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La Passion Des Couteaux - août 2002
Impossible de choisir parmi la gamme de ses créations, tant ce jeune alsacien surprend. Ebéniste de formation, artiste et créateur dans l’âme, il fait office de " trublion " dans le paysage coutelier Français.

La rédaction a adoré ce qu’il fait. Et nous le verrions bien devenir l’électron libre de la coutellerie Française. En témoigne ce couteau-sculpture ( qui coupe comme un rasoir). A vous de lui trouver un usage... un travail plein de fraicheur. Il fût pour la rédaction, la révélation de ce salon. Ce jeune créateur aura bientôt droit à un article complet.

La révélation coutelière de ces dernières années.

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DNA - mai 2002
Oberschaeffolsheim Dans le parc, l’art.

Le collectif "l’hommesinge" s’est installé depuis août dernier dans une maisonnette, à côté de la mairie d’Oberschaeffolsheim. Particularité du lieu : il s’ouvre sur un superbe parc intérieur, entre les installations du Moulin et les locaux du péri-scolaire. A l’origine : Claude Lory, venu à l’age de 10 ans dans cette commune et qui s’est imprégné de l’atmosphère, depuis l’époque où il cherchait du lait à la ferme voisine ou qu’il promenait ses invités, lors de son mariage.

Nelly Massera, Jean-Michel Crapanzano et Claude Lory, tous les trois anciens des Arts Décoratifs de Strasbourg, avaient partagé des projets. Vacataires de l’Education nationale, ils assurent des stages dans les écoles primaires, les collèges les lycées et pour deux d’entre eux, dans le milieu carcéral.

"Nous avons recherché un local pour nous retrouver et réunir nos forces et nos idées", explique Nelly. Le trio fonde ce collectif au nom qui intrigue : "l’hommesinge ? Parce qu’il y a d’un côté la civilisation, de l’autre le singe avec son instinct, ses rapports à la nature. Ce que l’on retrouve dans nos comportements, avec la notion de pouvoir sur l’environnement et la réflexion sur ce qui est sensé ou non ".

Performance et exposition. Le bâtiment où est installé leur atelier répond aussi à cette bivalence, en étant en limite de la nature et de l’urbanité, de la ville-dortoir et du village actif. Les trois fondateurs ont intégré encore sept autres artistes qui trouvent ainsi un lieu pour créer. Et ce 4 et 5 mai, comme d’ailleurs les 11 et 12 mai, ils participent à cette opération d’atelier ouverts qui permet, depuis plus de dix ans, aux grand public de rencontrer des artistres. "Notre optique est d’exposer dehors", souligne Nelly en désignant le magnifique cadre de verdure, pour l’instant arrosé à grands coups d’averses. Le challenge est de travailler sur le site…

D.E

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Au Fil Du Couteau - mars 2002
festival du couteau d’art de Thiers.

A découvrir au festival, Claude Lory, 29 ans, diplômé de l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg et titulaire d’un CAP d’ébénisterie, Claude Lory marque ses créations de son empreinte toute particulière. Il a, au cours de sa jeune carrière, travaillé et sculpté des matériaux très différents et son expérience transparaît dans ses oeuvres. Il allie des matières traditionnelles (acier, laiton, bois d’arbres fruitiers) à des matériaux inhabituels dans le domaine de la coutellerie (nyangon, cheveux, carapace de crevette, rosier ; épine de rosier, litchi, dentelles, épines de cactus).

Il a déjà participé à beaucoup d’expositions, mais sa participation au Festival sera pour lui une grande première dans le domaine du couteau d’art.

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DNA - janvier 2001
Trois plastitiens invités par le CAPE.

Le CAPE, centre artistique de promotion et d’échanges, est une association qui cherche à ce que la créativité des jeunes artistes soit connue et ait des retombées dans divers autres domaines que l’art.

Trois plasticiens Claude Lory, Nelly Massera et jean-Michel Crapanzano ont donc mené ensemble "une réflexion autour de l’environnement économico-culturel" et une analyse de leur propre travail. Durant trois jours, discussions, confrontations et décisions, aboutirent aux choix d’un thème, "la boucherie".

Au cours des deux jours suivant ce travail collectif, les propositions furent concrétisées et sont exposées dans un lieu à part… Il veulent ainsi sensibiliser le public, apporter de la poésie à la consommation. Ils ont observé, élaboré puis proposé, espérant ajouter une autre valeur à leurs création.

Parallèlement, ils exposent leurs oeuvres individuelles… quant à Claude Lory, il combine les éléments organiques et mécaniques dans un esprit surréaliste friand d’anormalité. D’étranges petits êtres roses aux orbites vides semblent tout juste ressuscités par le grand Saint-Nicolas passant par là selon la légende. Encore une histoire de boucherie.

Julie Carpentier.

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DNA - juin 1999
Coup de pouce aux jeunes artistes.

Le prix des Arts 99 du Rotary Club de Strasbourg a été attribué hier soir . Une exposition accompagne cette manifestation.

Créé pour encourager de jeunes plasticiens, ce Prix des Arts d’une valeur de 10.000fr s’accompagne d’une récompense équivalente de District Franche-Comté /Alsace du Rotary. Celle-ci a été décernée à Claude Lory, artiste issu des Arts Déco, qui réalise d’étonnants objets, croisements hallucinés d’outils tranchants et de formes animales…

S.H

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DNA - fevrier 1998
Une carte blanche est engagée

Une douzaine de trés jeunes artistes qui vivent et travaillent à Strasbourg. St’Art leur consacre un espace. Assurément l’un des plus engagés de la foire.

Etrenné l’an passé et défendue par la Ville de Strasbourg, la Carte Blanche est confiée cette fois-ci à Joël Benzakin, ancien directeur du FRAC Rhône-Alpes, organisateur de manifestations d’art contemporain à Lyon, à Villeurbanne ou en Belgique, fondateur et actuel responsable d’une unité de production et de création à Bruxelles. Aprés avoir visité les ateliers d’une quarantaine de jeunes plasticiens, anciens élèves des Arts Déco pour la plupart, son choix s’est porté sur une douzaine d’entre eux – Antoine Cicero, Claire Donois, Orlando Fleury, Sophie-charlotte Gautier, Laetitia Gendre, Pemo Kalinowski, Stephane Lentz, Claude Lory, Gaelle Lucas, Myriam Mechita, Pascale Robert, Serge Stephan et Gerald Wagner... (Sexualité et féminité s’inscrivent également dans la réflexion trés générale que développent ces plastitiens : les pièges érotiques de Claude Lory, ...)

S.H.

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Journal l'Alsace - fevrier 1994
Les sculpteurs de l’éphémère.

Deux équipes alsaciennes étaient au Canada cet hiver pour sculpter la neige. L’une au Québec. L’autre au Manitoba. Toutes deux sont revenues enchantées d’avoir pu s’exprimer sur ce matériau magique qu’est la neige.

L’esprit des Neiges.

A 2500 km plus à l’ouest, au milieu des grandes plaines, Claude Lory, étudiant de l’école des arts décoratifs de Strasbourg, a réalisé avec Nicolas Castagné, céramiste, ancien élève de cette même école , un " Esprit des neiges ". D’un bloc de 27m3 de neige il a taillé un enclos très rigoureux veillé dans ses ouvertures par des gardiens de neige. Au centre, un cône glacé représentait cet esprit qu’il fallait protéger. Pour ce quatrième Symposium International de Sculpture sur Neige de Winnipeg, le jeune artiste s’est rendu compte de la chance qu’il avait : " Je doute que dans ma vie on me donne un jour bloc de 27m3 de matière à façonner pour m’exprimer. J’ai pris ce cube de neige comme un cadeau. Et j’ai voulu le rendre à Winnipeg au mieux, en exprimant le côté magique de ce Symposium. " Ses gardiens de neige devaient en effet protéger l’esprit d’amitié qui unissait les artistes venus de tous les pays pour travailler la neige, créer des formes. A la radio de Winnipeg qui lui tendait le micro Claude Lory à dit : " La chaleur de l’acceuil au Manitoba fait oublier le froid ". Arrivé à Winnipeg avec une température de moins trente, il à connu avec Nicolas Castagné, le soleil, mais aussi le vent glacé et quelques flocons. Pour repartir du Manitoba avec une température se rapprochant de zéro. Le printemps n’était pas encore là, mais déjà il posait ses jalons. Et ils auront été fatals à toutes ces oeuvres monumentales, expression éphémère d’artistes venus du monde entier partager quelques émotions en bâtissant avec des cristaux de neige.

Bernard Hamann.

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